Avant de décider de partir en tour du monde, nous étions déjà dans une démarche pour réduire notre consommation. Nous n’étions pas encore zéro déchets et même loin de l’être, mais notre quotidien regorgeait de petites actions pour appliquer la règle des trois R: réduire, réutiliser et recycler.Que ce soit en minimisant nos achats, en recyclant au maximum ou en trouvant un nouveau foyer aux objets qui n’ont plus d’utilités pour nous, l’objectif était de contrôler notre empreinte écologique un peu mieux. Lors de la planification du voyage, nous avons eu le même dilemme à savoir quoi faire sur la route pour garder notre objectif vivant. En rétrospective, c’est quand même assez facile! Surtout lorsqu’on sait où sont nos plus grosses sources de déchets sur la route. Pour vous aider dans cette démarche, voici 6 choses à considérer pour réduire ses déchets en voyage et faire de vous un vrai écolo sur la route.

#1 – Utiliser un Steripen ou l’équivalent

C’est notre plus grande fierté du voyage et un outil indispensable. L’eau c’est la vie et dans la plupart des pays en dehors de l’Occident, l’eau du robinet n’est pas nécessairement propre à la consommation ou adaptée à nos estomacs sensibles. Le Steripen permet de régler ce problème en stérilisant l’eau afin que vous puissiez la consommer sans problème. Son utilisation est vraiment bébé-fafa! En quelques minutes, vous pouvez stériliser des litres d’eau. Il suffit de vérifier au préalable que l’eau utilisée est claire et sans odeur.

Lors de notre année autour du monde, il y a seulement deux endroits où nous n’avons pas été en mesure d’utiliser le Steripen: en Inde et à Rangiroa en Polynésie Française. En Inde, c’est sans fondement que nous n’avons pas dénié utiliser le Steripen. Le pays a tellement de stigmates au niveau de la propreté que nous doutions de ce qui pouvait se trouver dans l’eau en dehors des choses que le Steripen peut détruire (métaux, etc.). Tandis qu’à Rangiroa, l’eau était saumâtre et donc, impropre à la consommation même avec l’aide du Steripen.

Jumelé aux deux suggestions qui suivent, votre Steripen vous permettra d’économiser des centaines de bouteilles d’eau en plastique durant votre voyage. À raison de 10 à 20 bouteilles de 1,5L par semaine pour une famille de 4, ça va vite!

Si votre Steripen est rechargeable, encore mieux! Ce modèle vous évitera d’acheter des batteries à chaque fois que vous serez à sec d’énergies. Il vous suffira d’une prise de courant et hop, vous êtes de nouveau opérationnel pour purifier votre eau.

À défaut d’utiliser un stérilisateur ou comme nous en complément, pensez à télécharger l’application RefillMyBottle. Elle vous indiquera où vous pouvez recharger votre gourde d’eau gratuitement ou pour un faible coût. Si vous ne trouvez pas de point de remplissage proche de vous, demandez à votre hébergement. Plus souvent qu’autrement, ils ont accès à une source d’eau potable et ils se feront un plaisir de remplir votre gourde.

#2 – Munissez-vous de gourdes robustes

C’est la grosse dérape de notre tour du monde. Nous sommes partis avec des gourdes pliables Vapur et une gourde souple Osprey avec tubes pour sac à dos. La première gourde Vapur a duré seulement un mois avant d’avoir des fuites et sa remplaçante a eu des fuites après seulement quelques jours. Ce modèle ne résiste pas très bien aux chocs. La gourde souple Osprey était bien pratique jusqu’à ce qu’on se rend compte que les tuyaux accumulaient plein de saletés et qu’ils étaient impossible à nettoyer sans un équipement spécialisé.

Une fois en Thaïlande, nous étions à court d’option pour les gourdes et nous avons acheté deux modèles dans une grosse épicerie. Le premier a été atomisé lorsque Geneviève a mis de l’eau chaude dedans et le deuxième n’a pas survécu à sa énième chute.

Une chance pour nous, la dernière gourde thaïlandaise a péri juste avant notre retour en Nouvelle-Zélande. Qui dit pays occidentalisé, dit magasin avec des gourdes robustes pour un voyage comme le nôtre, alléluia! Notre escale était de seulement quelques heures à Auckland et notre mandat était clair: remédier à notre problème de gourde des derniers mois. À défaut de trouver un produit Nalgene ou équivalent comme au Québec, nous avons trouvé deux gourdes Systema dont nous connaissons bien la marque. Elle est synonyme de qualité et de durabilité. En espérant qu’elles tiennent la route jusqu’à la fin 🤞.

Des gourdes robustes (de 1 à 1,5 litre de préférence) vous permettrons de réduire votre consommation de bouteilles de plastique. En allant vers un produit de qualité, vous éviterez aussi l’achat de nouvelles gourdes en cours de route. Dans les pays chauds, pensez à utiliser vos gourdes pour recevoir les shakes et jus de fruits. Vous éviterez ainsi l’utilisation des contenants en plastique à usage unique. C’est un de nos plus gros regret au niveau déchet dans notre voyage parce que nous en avons consommé à la tonne des shakes et jus de fruits. Le choix de vos gourdes est vraiment important!

L’ajout d’une gourde LifeStraw dans votre arsenal est aussi une bonne idée puisqu’elle pourra servir de source d’eau potable lorsque vous n’aurez pas le temps de stériliser votre eau. Nous avons été bien tristes lorsque la nôtre a été égaré dans les transports en commun à Bangkok. Difficile d’en trouver une nouvelle sur la route surtout que c’est un achat avec un prix assez conséquent pour un budget tour du monde une fois sur la route.

#3 – Apportez vos sacs, contenants et ustensiles réutilisables

Les occasions ne manqueront pas où vous devrez transporter des achats, les restants d’un repas au restaurant ou vous servir d’ustensiles à usage unique. Sans alourdir vos bagages, vous pouvez facilement apporter quelques petits trucs pour réduire vos déchets.

En apportant avec vous des sacs réutilisables vous pourrez faire des emplettes sans utiliser de sac en plastique. Les grands sacs d’épicerie en tissu comme par exemple en lin sont une bonne option puisqu’ils peuvent contenir beaucoup de choses, ils sont légers, ils ne prennent pas de place et ils vont se composter plus facilement.

En apportant vos bols réutilisables, vous pourrez emporter vos restants ou manger dans les restos de rue sans utiliser des contenants en styromousse ou en plastique à usage unique. Regarder du côté des bols rétractables qui sont légers et ne prendront pas beaucoup de place dans vos bagages. Nous en avions un pour chaque membre de la famille. Nous y avons pensé trop tard, lorsque nous mangions de la bouffe de rue en Thaïlande. Vous ne devriez pas hésiter à sortir vos contenants pour recevoir votre nourriture. Vous aurez peut-être des regards suspects, mais les commerçants se plieront à votre demande. Nous nous efforcions à utiliser le même contenant jetable pour tous nos achats au lieu de simplement prendre nos bols réutilisables. Honte à nous pour notre lenteur d’esprit!!!

En apportant des ustensiles réutilisables (couteau fourchette ou baguette) sur vous, vous n’aurez jamais besoin de prendre ceux en plastique ou en bois qui finiront à la poubelle à la fin du repas. Les Spork sont une bonne idée puisqu’il combine les trois ustensiles en un seul outil mince et léger.

En apportant des pailles en bambous ou en inox, vous contribuer à réduire un peu la quantité faramineuse de ces morceaux de plastique qui se retrouvent souvent dans nos océans (plus de 1 milliard au rebut par jour dans le monde). Les pailles en silicone peuvent également être une bonne option. Elles sont flexibles et par conséquent, plus facile à inclure dans vos bagages que celle plus dure.

Des petits accessoires à emporter avec vous qui lorsque choisis intelligemment, ne prendront pas beaucoup de place dans vos bagages, mais qui auront un impact énorme sur l’empreinte que vous laisserez derrière vous. Ces petits gestes, à force d’être posés, pourraient être un vecteur de changement pour les populations locales et les autres touristes.

#4 – Habituez votre corps à du solide et du réutilisable

Pour vos produits d’hygiène, pensez à faire le plein de cosmétiques solides avant de partir. Dans un magasin comme LUSH vous trouverez facilement des pains de savon, des shampooings en barre, des pastilles pour vous brosser les dents, etc. Les produits de cette marque viennent en plus dans des contenants réutilisables en métal. Nul besoin de faire des provisions pour des mois puisque vous trouverez des magasins dans beaucoup de pays sur votre passage. Petit truc, si vous êtes gentil avec la vendeuse, elle pourrait même vous donner une tonne d’échantillons gratuits.

Tant qu’à avoir des pastilles pour vous brosser les dents, pourquoi ne pas partir avec des brosses à dents en bambou. Elles sont aussi efficaces que celles en plastique, mais elles réduisent considérablement votre quantité de déchets puisqu’elles sont entièrement (ou presque) biodégradables.

Vous aurez accès à beaucoup de gratuités de la part des compagnies aériennes et de vos hébergements. Soyez raisonnable et prenez seulement ce que vous avez vraiment de besoin. Ces produits sont rarement écologiques et souvent à usage unique. C’est cool d’en avoir, mais pas tant que ça pour l’environnement!

Pour les femmes, il faut bien évidemment penser à apporter des dessous féminins réutilisables en bambous et la fameuse coupe menstruelle. Pas toujours évident au début, l’utilisation de cette dernière sera de plus en plus facile (paroles de conjoint!!! 😉). Si laver des serviettes pleines de sang ne vous réjouit pas trop, dites-vous que la plupart du temps c’est une autre personne qui fera votre lavage. Nous (comme dans Geneviève) est parti avec tous ces accessoires et elle compte bien continuer au retour malgré les inconforts du début.

#5 – Sortir les déchets des paysages

Ramasser les déchets sur son chemin est toujours un geste noble à faire. Par contre, pour éviter que votre geste reste symbolique ou esthétique, assurez-vous de le faire en association avec un organisme qui ira jusqu’au bout du cycle de vie de ces déchets ou avec un objectif de sensibilisation. Par exemple, nous aimons bien cette initiative de sensibilisation qui façonne un mur avec des déchets ramassés ou les organismes comme HeroTrash qui dans la mesure du possible touve des débouchés aux déchets lorsque le recyclage n’est pas possible comme vous pouvez vous sur cette page.

Pour avoir vu la gestion des déchets à plusieurs endroits et discuté avec les locaux (Amérique du Sud, Thaïlande, Polynésie Française, Inde, etc.). La plupart des déchets ainsi ramassés finiront brûlés ou dans l’océan et presque jamais au recyclage. Par exemple, nos hôtes à Fakarava font du tri des déchets, mais n’ayant pas de programme pour pousser le cycle plus loin, les déchets ne sont jamais recyclés et finissent brûlés ou dans un dépotoir qui déborde dans l’océan. Pourtant, les produits à usage unique sont encore très présents.

Alors continuons à ramasser, mais surtout sensibilisons nos gouvernements et nos compatriotes sur la réduction des déchets pour aider l’environnement et les pays plus pauvres.

Il faut se l’avouer, nos sociétés occidentales sont les plus gros pollueurs et nos habitudes assimilés par les autres pays causent une bonne partie du problème. Par exemple, en Inde, la plupart des gens consomment des produits frais, les produits en épicerie sont au minimum. La pollution est généralement le fait des étrangers ou de la croissance des produits transformés et suremballés à l’exemple de l’Occident.

Alors ramassons nos déchets et ceux des autres, mais surtout revalorisons lorsque possible et réduisons notre quantité de déchets globalement.

#6 – Faire des choix de qualité

Ça peut en rebuter plus d’un puisque généralement un achat de qualité revient plus cher, mais ça fait une différence. Quand vous achetez la qualité, vous évitez un ou plusieurs achats de remplacement dans le temps. Oui, pensez-y! En achetant les souliers les moins chers par exemple, il y a une chance assez élevée que vous deviez acheter des nouveaux souliers en cours de route. Tandis qu’en achetant de la qualité, vous évitez de jeter aux ordures une paire qui n’aura duré que quelques mois. La paire de qualité pourra même être réutilisée par une autre personne à la fin du voyage si vous voulez vous en débarrasser pour une raison quelconque.

Nous le vivons sur la route. Nos achats de qualité sont encore comme neuf ou presque malgré des mois d’utilisations intensives. Les achats bas de gamme que nous avons dû faire sur la route comme les gougounes (tongs en France) n’ont résisté que quelques semaines pour la plupart.

Donc des achats intelligents et de qualité sont importants pour réduire vos déchets en voyage. Sinon, vous risquez de laisser des objets difficiles à recycler dans des pays qui ont déjà de la misère avec les déchets recyclables de base.

Comme à la maison, réduire ses déchets ou même être zéro déchet en voyage n’est pas facile. Évidemment, nous vous donnons seulement 6 choses à considérer pour réduire ses déchets en voyage sur une panoplie d’options. Par contre, c’est un début et des petits choix qui peuvent faire une grosse différence. Nous sommes preneurs si vous avez d’autres suggestions pour aider à réduire ce fléau des déchets. N’hésitez pas à laisser un commentaire avec vos suggestions pour réduire ses déchets en voyage.

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