Ça y est ! Je suis rendu à cette étape de notre tour du monde. Impossible de passer à côté. Non, ce serait un affront parmi les affronts. Un sacrilège titanesque de ma part. Le blogue ne serait pas authentique sans au moins un article J-XX jours avant le départ. J’en ai consulté des blogues voyages dans la dernière année (Nos soirées des derniers mois se résument pas mal à chacun sur son écran pour éplucher les blogues ou pages Facebook de familles tourdumondiste. Toute une vie de couple!!!). Je peux compter sur les doigts de ma main ceux qui n’avait pas au moins une allusion à ce décompte avant le grand départ. Ne voulant pas faire bande à part ou briser les conventions établies et puisqu’à Rome, on fait comme les Romains. Le voici, le voilà !

J-78 avant le départ

Wow, 78 jours seulement ! Ça peut sembler beaucoup pour ceux qui ne partent pas, mais j’ai quand même semé l’idée d’un tour du monde vers J-1825, il y a 5 ans. Alors comme on dit par chez nous, 78 jours, c’est un pet! Un tout petit deux mois et demi avant ce moment marquant de notre vie. Le 24 juillet, c’est le premier vol vers notre première destination : le Pérou. À peine quelques semaines pour terminer les préparatifs et pourtant, le stress a disparu. J’ai l’impression d’être dans l’oeil du cyclone. Je viens d’affronter le gros des préparatifs et le rush du départ s’en vient, mais en ce moment, c’est le calme plat. Un calme irréel !

Oui, à bien y penser, je suis zen ! Le gros du stress des préparatifs est derrière nous.

J-164, Les billets sont achetés

C’est vraiment au début de l’année que le projet est devenu réel. Avant ce moment, c’était juste une idée folle avec laquelle nous jonglions. J’avais beau travailler fort pour abattre les conditions de Geneviève (Et croyez-moi, il y a en a eues … Il faut mettre le pied sur chacun des continents, il faut faire un safari, il faut ci et ça et pourquoi pas ça aussi !!!!), c’était toujours juste un beau projet dans nos têtes avec rien de concret. Non, l’achat des billets pour le Pérou a été le tournant où nous avons arrêté le pelletage de nuage. La machine des préparatifs est passée en deuxième vitesse à partir de ce moment.

Croyez-moi, avec l’achat des billets, ça devient incroyablement concret. Maintenant, nous avons une date à respecter, un itinéraire à prévoir, un premier hôtel à trouver et tout plein d’autres tâches comme ça. À partir de ce moment décisif, la liste des choses n’a cessé d’augmenter tandis que le temps disponible n’a fait que diminuer.

J-128, Bye bye boss

Vivre une double vie pendant plusieurs mois, c’est ce que j’ai vécu avant d’aviser mes patrons. J’attendais d’être le plus près possible du départ avant de faire l’annonce. J’appréhendais une réaction négative et je ne voulais pas que mon bonus soit impacté. Sans lui, le budget n’aurait pas été bouclé. Une pression énorme est tombée lorsque j’ai annoncé ma décision. En y repensant, je me suis créé du stress pour rien. J’aurais dû le dire bien avant. La réaction de mon patron et de mes collègues a été extraordinaire. Le bonus a été au-delà de mes attentes. Comme quoi, la franchise est souvent la meilleure des solutions malgré toutes les peurs qu’on se fait pour rien!

Bizarrement, autant j’ai hâte de quitter, en même temps j’ai un petit pincement au coeur. La dernière année a été très exigeante (exténuante en fait) avec un effectif réduit et plus de travail que le client en demande. Les choses s’en vont vers le mieux. Nous sommes passés de deux personnes à douze employés. Je vais rater tout ce que nous sommes en train de bâtir avec des personnes que j’avais choisies et des collègues ayant les mêmes valeurs que moi. Cela aurait été toute une expérience, mais j’aime quand même mieux notre aventure autour du monde.

J-104, La maison est louée pour l’année

C’était mon plus grand stress au départ (allez voir l’article, vous allez comprendre!). Difficile, voire impossible de passer outre le stress, les appréhensions et de faire confiance après seulement quelques rencontres!!! Quand j’y pense, ces personnes sont de purs inconnus et on fonctionne vraiment à l’instinct. Mais bizarrement, maintenant que le bail est signé, je suis complètement serein face à tout ce qui pourrait arriver de ce côté. Je suis peut-être inconscient (probablement), mais à quoi bon se stresser avec des suppositions et des scénarios catastrophes. Mieux vaut faire confiance à ses choix et son instinct.

Encore une fois, le stress est passé du côté de Geneviève. En tant que madame parfaite (du moins en apparence!!!), elle veut une maison impeccable, « spic and span » pour les locataires. Alors, la maison doit être plus propre que lorsque nous avons emménagé. Il faut laver les murs, nettoyer les fenêtres, réparer les petits bris et tout le tralala. Et si ce n’était pas assez, l’idée d’entreposer dans le garage ne tient plus. Il faut faire des boîtes en plastique pour les vêtements et le papier, entreposer dans le sous-sol les biens qui pourraient moisir dans le garage (il faut pas prendre le risque que ça sente l’humidité à notre retour!!!) ou encore dans la famille pour les vêtements qui sont trop importants pour se priver d’un contact humain pendant un an. Bon, le temps est de mon côté et Geneviève est de plus en plus flexible dans ses exigences. Il n’y a que quelques fins de semaine par mois et quand on y pense, c’est bien juste des objets inanimés.

J-85, Le budget est bouclé ou presque

À l’exception de la dernière paie de vacances, le budget a été bouclé dernièrement (vive les bonus !!). J’ai validé, comparé, calculé des dizaines et des dizaines de fois notre planification pour chaque destination et ça tient la route (voici notre budget). Si tout se passe comme prévu, nous devrions pouvoir tenir durant toute l’année en mode « backpacker » à petit budget. Bon, il va falloir contrôler les tant qu’a y être qui commence déjà à s’accumuler puisque c’est assez facile de se laisser tenter. Combien de fois allons-nous être à un vol d’oiseau de l’île de Pâques ou de la Polynésie Française ? Probablement jamais ! Alors, c’est facile de se laisser convaincre.

D’accord, d’accord, avec des dilemmes comme ça, difficile de faire pitié!! Quand le plus grand stress pour l’argent reste de faire le choix entre une destination extraordinaire ou une autre, autant dire que ce n’est pas vraiment du stress. C’est plutôt de l’excitation face à l’anticipation ! AAAHHHHH, trop de choix !!!

J-68, Le gros de l’équipement est acheté

Nos derniers gros achats d’équipement ont été faits durant le long week-end de mai avec les sacs à dos des enfants. Finis les fins de semaine à courir les ventes dans les magasins de plein air ou encore à éplucher les sites web à la recherche de rabais sur l’équipement tant convoité (c’est par ici pour voir comment nous magasinons à rabais notre équipement). Non, le gros de ce stress a été réglé avec les soldes des fêtes et des autres longs congés. Comble de malchance, Décathlon vient seulement d’arriver au Québec … Avoir su plus tôt que les prix étaient si bas, nous aurions évités de nous casser la tête à courir les spéciaux pour la majorité de notre matériel. Bon, nous le saurons pour le prochain voyage, si jamais prochain voyage il y a !

Non, maintenant que les achats sont faits, le plus gros stress est du côté de Geneviève (l’autre tête folle de cette aventure qui a accepté l’idée de ce voyage). Elle se fait un devoir de rentrer le plus de choses possibles dans le moins de sacs possibles. Tout un défi considérant qu’en plus des essentiels comme notre linge, il faut également entrer dans les sacs le séchoir, le fer plat, l’oreille en mousse mémoire et les dix mille chaussures pour chaque occasion inimaginable. Je suis assez surpris de la créativité dont elle fait preuve pour maximiser chaque recoin de nos sacs. Je suis un peu tordu en deux en la voyant se démêler surtout que c’est moi qui exige de partir avec le moins de sac possible sur nous et dans la soute de l’avion. Rassurez-vous, je n’ai pas ri trop longtemps. Elle a vite fait de trouver le moyen de tout rentrer à mon grand désarroi. Mais j’ai peur que d’autres choses se rajoutent. Vivement le jour du départ !

J-54, Lili est morte

Nous avions un gros stress de partir avant que Lili n’ait quittée ce monde. Sa tumeur était de plus en plus imposante depuis les dernières semaines. Nous avons fleurté avec l’idée d’avoir recours à l’assistance à mourir. Nous hésitions entre finir sa vie dans la toilette, la laisser libre dans la nature ou rester jusqu’au bout avec elle. Nous avions programmé son achat en prévision qu’elle nous quitterait avant le départ question de faire une coupure nette pour les enfants. Durant le premier week-end de juillet, Lili notre hamster nous a quittée pour le paradis des rongeurs. C’était le dernier membre de la famille qui nous rattachait à la maison. Je rigole un peu, mais il ne faut pas négliger la gestion de la séparation sentimentale durant les préparatifs. Pendant plusieurs mois, nous vivrons loin (même si le monde est proche maintenant avec internet) de nos proches et les enfants en sont conscients. Même si c’était juste un hamster, le départ de Lili a permis de démontrer aux enfants que même loin, les gens gardent toujours une place dans nos coeurs.

À l’instar de Lili, il a fallu rassurer les enfants que leurs amis se souviendront d’eux au retour et il a fallu convenir avec la famille des modalités de notre retour si une tragédie survenait à l’un de nos proches. Ce stress est maintenant derrière nous, ils sont tous au courant que nous ne sommes jamais plus loin qu’un message texte ou un coup de fil et pour le reste, c’est hors de notre contrôle. Il faudra gérer en fonction de chaque situation.

La perte de contrôle

Malgré les derniers mois qui ont été un vrai tourbillon de préparatifs, de remises en question, de lecture et d’échanges, je suis étrangement relax, le stress m’a quitté. C’est peut-être de l’inconscience, du déni ou bien, je suis simplement en train de tomber en mode vacancier. Ouais, je pense que c’est bien ça ! Le train est en marche, il n’y a qu’une destination et c’est l’aventure. Le stress n’a plus aucune prise pour le moment. Y’a pas grand chose à faire, il faut juste en profiter, c’est seulement le calme avant la tempête du départ.

P.S. Je suis vraiment inconscient ! Geneviève me l’a confirmé suite à la révision de l’article. Elle suggère de remonter d’un cran le niveau de stress, car il reste à faire les fenêtres, les boîtes, planifier nos trois semaines comme famille itinérante, prévoir plus que nos trois premiers jours de voyage, organiser des partys d’adieu et la liste des choses à faire ne cesse de s’allonger. Non, c’est officiel, je suis inconscient, mais vous savez quoi ? Le stress ne m’atteint toujours pas et en plus, je suis en train d’en gagner une à ma cause. Deux inconscients qui partent en famille autour du monde, j’ose à peine imaginer la suite…

P.S.S. Bon, je suis un peu en retard dans la publication de l’article et le P.S. ne tient plus tout à fait. Nous sommes officiellement sans domicile fixe et je suis retraité pour un an. Malgré ces grosses étapes, je suis resté calme, mais il faut avouer qu’un certain soulagement a accompagné le passage de chacun de ces jalons. Maintenant, c’est vraiment le calme avant la tempête du départ dans J-18.

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2 Commentaires

  1. Pierre-Louis 7 juillet 2018 at 7:58

    Vous êtes dans une des phases les plus excitantes du voyage, là où le stress est à son comble car vous êtes en standby du départ! Comme j’aimerais revivre ce moment exaltant. La sensation de se diriger dans le vide en se rendant à l’aéroport, l’excitation de voir le taxi nous quitter et nous voilà seul avec nos bagages.
    Profitez de chaque instant!
    Si vous en ressentez le besoin, inspirez vous sur notre blogue des airoldis en Asie sur wordpress. Nous avions fait la Thaïlande, le Laos, le Cambodge,la Birmanie, la Malaisie et les Philippines.
    Bon voyage!

    1. David 9 juillet 2018 at 12:47

      Merci Pierre-Louis! Oui, nous repassons les blogues pour l’inspiration à chaque destination.

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